Livret de famille

Au milieu de la nuit,

Jérôme se rend chez Marc, son frère aîné.

Il est sans nouvelles de leur mère depuis plusieurs jours.

Si Jérôme est affolé, Marc accueille cette disparition avec indifférence.

Les deux frères ne se voyaient plus, et leur mère n’est pas étrangère à cet éloignement.

Le temps d’une nuit où les secrets se disent, ils vont se retrouver.

 

Co-production La Belle Équipe – Cie Batala

 

Texte et mise en scène : Eric Rouquette

Avec Guillaume Destrem et Christophe de Mareuil

Lumière : Arnaud Dauga

Décor : Olivier Hébert

 

Notes de mise en scène

Comme la plupart de mes pièces, Livret de famille met en scène l’intimité, invitant le spectateur à pénétrer dans la sphère privée ; ici celle de deux frères dont les chemins se sont, sinon séparés, du moins fortement désunis. L’unité de temps et de lieu n’est pas anodine, elle oblige les deux personnages à avancer ensemble, l’un avec l’autre vers leurs vérités. Il n’y a pas d’ellipses, rien  que le temps présent, une rencontre qui progresse au rythme des minutes. Il y a pourtant un point de départ et un point d’arrivée. Ce que je veux rendre vivant pour le public, c’est précisément ce qui entre ce point de départ et ce point d’arrivée se raconte, au-delà des mots, au-delà même des silences, ce qui se révèle à ces deux frères à travers les liens qui les unissent à jamais, en dépit de leurs différences.

La nuit permet souvent ce que le jour ne permet pas. Du moins la résonance n’y est pas la même : la nuit donne la sensation d’être malléable, donc plus disponible, elle laisse le temps à la confession, là où le jour laisse à tout moment surgir le quotidien. La nuit est imprévisible, elle offre un espace-temps qui au théâtre comme au cinéma est souvent celui de la liberté. En cela, la nuit est magique, et celle de Livret de famille le sera aussi dans son omniprésence, une nuit électrique qui au final accouche de belles choses, renforçant parfois le conflit pour mieux l’atténuer l’instant d’après, créant chez Jérôme et Marc un va-et-vient continuel entre échappatoire et mise à nu de leurs secrets les plus profonds.

A cette ambiance nocturne s’ajoute un élément lui aussi révélateur de ce qui sépare les deux frères : ce petit appartement d’un quartier populaire, pour tout dire un studio-cuisine. Cette seule et unique pièce en désordre est l’intérieur de Marc. Son extérieur, ce sont ces deux fenêtres qui donnent sur le toit, et qu’il a l’habitude d’enjamber. Intérieur/extérieur, comme le symbole de ce qui anime les deux frères : d’un côté les postures de la quarantaine et des choix de vie revendiqués, de l’autre le vernis qui craque à l’ombre de la Lune, entre chien et loup. Ils évolueront ainsi de l’un à l’autre, arpentant le studio derrière les parois, se rendant parfois invisibles. Et grimpant tour à tour sur le toit, ou ensemble, en équilibre instable, pour faire renaître un peu de leur complicité d’enfants. Cette scénographie tout en relief casse le cadre classique du théâtre, chaque fauteuil aura son propre point de vue. Elle donne surtout de la profondeur, créant un effet devant/derrière qui alimente autant leur enfermement que leur désir de liberté. Car il s’agit bien de se libérer, oui, de ses rancoeurs ravalées, de ses culpabilités tues, pour laisser venir à nouveau les émotions familiales.

Je connais bien Guillaume et Christophe, et devine ce qui les rapproche de leurs personnages. Ils sont de grands acteurs, physiques autant que sensibles. Ils ont tous deux cette gamme de jeu riche et subtile, qui leur permet de passer d’une émotion à l’autre sans que cela n’apparaisse jamais contre nature. Ils aiment la pièce et ont su la lire, ce qui fait qu’ils sauront la jouer, et qu’ils donneront leur pleine mesure dans la fraternité de Jérôme et Marc. Mon écriture est tournée vers les acteurs, elle est pour eux, et c’est en avançant tous les trois dans la pièce que nous lui donneront sa tonalité et son rythme justes. Livret de famille n’est donc plus un texte de théâtre, il est un terrain d’expression excitant pour deux acteurs au talent confirmé. Et je ne suis donc plus l’auteur de la pièce, mais j’en suis le metteur en scène, ou plutôt le metteur en émotions, celles qu’ensemble nous laisserons surgir, au service de l’histoire qui pour quelque temps sera la leur sur scène.

 

Eric Rouquette

 

 

 

 

Presse

 

France Inter

Coup de coeur du Masque et la Plume spécial Avignon 2015 par Gilles Costaz

 

WebThéâtre

Éric Rouquette, dans son écriture comme dans sa mise en scène, déploie une grande finesse dans le tracé de l’évolution de chaque personnage et de leurs difficiles relations. Il se passe toujours quelque chose, non pas de spectaculaire, mais d’intime. C’est du grand art dans la plongée des mystères que porte en lui chaque individu. Christophe de Mareuil est étonnant de justesse, de vérité tendre et douloureuse. Guillaume Destrem dessine subtilement toute une série de lignes brisées. Avec un décor très réussi d’Olivier Hébert, tout n’est ici que belle ouvrage et juste émotion. Gilles Costaz

 

La Provence

*****Livret de Famille, la magnifique et poignante pièce d’Eric Rouquette jouée par Christophe de Mareuil et Guillaume Destrem, exceptionnels de densité, de sobriété et de Force. Jean-Rémi Barland

 

La Marseillaise

Les acteurs, Christophe de Mareuil et Guillaume Destrem sont excellents, d’une justesse folle, on ne peut que croire en leurs personnages. Tout concourt dans ce spectacle pour en faire une des meilleures pièces du festival de cette année, le texte, la mise en scène d’Éric Rouquette, la scénographie et les acteurs sont parfaits; on est conquis et les applaudissements fort nourris étaient empreints de beaucoup d’émotion. Jean-Louis Gauthier

 

L’Humanité

On apprécie l’écriture d’Éric Rouquette qui évoque avec force et délicatesse la quête de liberté, d’émancipation et d’amour qui sait parler à tous, portée par deux comédiens qui jouent tout en nuances. Marie-José Sirach

 

Vaucluse Matin

Une belle oeuvre théâtrale. Aux premières loges, en observateur curieux, le public va suivre deux excellents acteurs. Touché par l’histoire, il ne va plus les lâcher. 

 

La Dépêche

Guillaume Destrem et Christophe de Mareuil incarnent avec justesse et variations Marc et Jérôme. Leurs personnages sont là, ils existent, ils sont eux, ils sont nous, on les sent, on les ressent. Et leur musique de nuit, concert à deux fois resserré et tendu, ne sera étrangère à personne. Nicole Clodi

 

placeautheatre.com

C’est triste, c’est dur, c’est tendre et c’est beau. C’est du vrai théâtre, point final. Gérard Savoisien